16 février 2011

Montréal intrigue et il n'y a pas 36 raisons pourquoi...

Au boulot aujourd'hui, j'ai vérifié le fil d'actu Twitter du blogue et je suis tombé sur un article Cyberpresse (du même groupe médiatique qui dirige La Presse) sur la victoire d'Arcade Fire aux prix Grammy de la musique américaine, où ce groupe montréalais qui chante en anglais a remporté le prix du meilleur album de l'année, tous genres confondus. D'emblée, je réjouissais de cette victoire car c'est un groupe fantastique qui mérite toute l'attention qu'on lui porte actuellement. Mais en lisant l'article au complet, j'étais de plus en plus perturbé par le message que l'autrice semblait vouloir diffuser, soit Montréal comme ville « cool » grâce au multilinguisme. Ce qu'elle entend par là, c'est une Montréal « cool » grâce à ses fortes tendances anglaises. Pourtant, nous savons ce qui démarque la métropole québécoise de toutes les autres grandes villes nord-américaines en vérité, et ce n'est surtout pas la présence de l'anglais. C'est le français qui la distingue, bien entendu. Alors pourquoi prétendre autrement ?

Est déjà bien connue la partialité fédéraliste de toute la gamme des journaux de la maison d'édition Gesca ltée, filiale de Power Corporation of Canada, méga-société dont le propriétaire est nul autre que le très fédéraliste Paul Desmarais, grand pote du Président Sarko. Cyberpresse appartient à Gesca, et cela fait un moment que je décèle un nouveau mythe qui se propage dans les blogues et éditos de ce service d'info : celui du Québec replié sur lui-même, xénophobe et anglophobe qui se prive d'un meilleur avenir en se bornant à la langue française. Bon, ça fait des années qu'on entend ces histoires dans les médias anglo-canadiens, mais depuis combien de temps la presse francophone a-t-elle décidé de répandre la même piteuse affabulation ?

On souligne dans l'article les critiques de Paul Arcand à l'égard du gala de l'ADISQ, qui se serait, lui aussi, borné au français en ne pas courtisant assez l'élément anglo-saxon de la musique québécoise. Il y a le prix du meilleur album anglophone, mais cela ne semble pas être suffisant pour certains. Par contre, cette singularité semble bien répondre aux besoins des prix Juno, le palmarès du disque canadien, qui n'offre qu'une seule récompense aux artistes de langue française, soit le prix du meilleur album francophone. Mais là encore une fois, il incomberait aux 6 millions de Québécois francophones de faire preuve de cette espèce de méga-rectitude politique que les nations limitrophes n'ont jamais montrée à quiconque. Franchement, quand on a les Juno et les Grammys et les MTV Music Awards et le Brit Awards, etc. pourquoi y a-t-il besoin de plus d'anglais aux Félix ??? Le seul palmarès sur le continent américain voué à la chanson de langue française, pourquoi a-t-il besoin de galantiser encore davantage l'élément anglophone de la scène musicale montréalaise ?

Le groupe Arcade Fire semble être des plus fiers de sa ville d'accueil, l'ayant représentée ce weekend avec brio en la remerciant deux fois dans la langue locale : le français. L'intérêt pour Montréal qu'attiseront ce Grammy et les louanges à la métropole chantées par Paul Giamatti aux prix Golden Globes pour Barney's Version, sans parler de l'éventuel Oscar pour Incendies, sera d'autant plus profond que c'est l'unique métropole de langue française du continent. Qu'est-ce qui fait que Montréal est si cool ? C'est que justement ce n'est pas Cleveland, grâce au fait français.



Il ne faut donc pas compter sur le multilinguisme pour définir ce trésor qu'est l'Île-de-Montréal, car c'est précisément sa francité qui la fait l'objet d'autant de curiosité au-delà des frontières du Québec. Si la ville aux cent clochers a pu inspirer tant d'artistes de langue anglaise, tant mieux, mais elle n'en demeure pas moins une ville de langue et de culture françaises. Tout comme Paris a inspiré les écrivains américains de la génération perdue, tels Hemingway et Fitzgerald, sans oublier d'autres artistes étrangers comme Modigliani, Montréal aujourd'hui inspire des artistes de plusieurs origines. D'ailleurs, la preuve c'est que sur les 7 membres d'Arcade Fire, seule Régine Chassagne est québécoise. Le 6 autres membres viennent du Texas et du Canada anglais. Tous ont trouvé quelque chose d'unique et de drôlement attirant dans la Ville de Montréal pour y venir d'aussi loin, et vous n'allez pas me dire que le français n'y est pour rien. Il y est pour pratiquement tout, à mon avis, et dans le cas de mes deux compatriotes texans du groupe, je pourrais quasiment le garantir. C'est pour cette raison que les membres ont tant tenu à remercier la ville en français sur les ondes de la télé américaine. Là, pour ce qu'il y a de la diplomatie culturelle québécoise, ils font de la concurrence même à Céline Dion !

Que Montréal ne soit donc jamais tentée de se repentir de sa spécificité à l'injonction des jaloux de l'un côté et des sycophantes de l'autre. Idem pour le Québec tout entier. Vous êtes une perle ; restez ainsi et vous continuerez à enchanter le monde et surtout ceux qui trouveront leur avenir parmi vous.

2 commentaires:

Fair Dominion a dit...

What a great occasion for another anti-Québec field day in the anglo press. Pre-dict-able... http://ca.news.yahoo.com/fete-nationale-organizers-arcade-fire-perform-not-english-20110216-142333-013.html

Maybe AF will be so offended at not qualifying to perform at the St-Jean ceremonies that they'll consider moving to Toronto... NOT!

Eat shit, Canadian Press.

Fair Dominion a dit...

Mon message à Denis Coderre : Je souhaite de tout mon coeur que le Bloc te foute bientôt au chômage.

Quelle pourriture ce gros con bavard. Beurk.

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