25 mars 2013

Le libertarianisme : Pas catholique, mais tout de même une enculade


Avant d'amorcer cette critique, je veux mettre les choses au clair. Je n'entends pas diaboliser cette idéologie, mais seulement mettre en exergue certaines observations qui, à mon sens, vicient sa crédibilité. Cette idéologie se veut objective, raisonnée, réfléchie, voire empirique. La réalité est tout autre. À sa base, le libertarianisme, que l'on appelle parfois le libéralisme classique, repose intellectuellement sur un paquet de suppositions, dont la plus importante est celle voulant que Dieu existe. C'est cette supposition qui fera l'objet de cet article.

Vous l'aurez bien lu. Pour que la conception libertarienne des droits tienne la route, il faut que Dieu existe. Je m'explique.

Au cœur de l'argument libertarien se trouvent les droits individuels. Cette idéologie tient pour évidente, d'une part, la non-existence des droits collectifs et, d'autre part, l'existence exclusive des droits individuels. Pour justifier ces deux prétentions, les propagateurs libertariens citent certains auteurs, dont John Locke le plus fréquemment de loin. Autrement dit, l'origine des droits pour les libertariens, c'est John Locke. Mais pour ce dernier, l'origine des droits, c'est Dieu.

Il y a plusieurs justifications pragmatiques et économiques pourquoi il faudrait, selon le libertarianisme, préférer les droits individuels, mais pas un traître mot de plus sur l'origine des droits eux-mêmes, sauf ce qu'en a écrit ce naturaliste anglais au 17e siècle. Locke, comme tant d'autres fidèles chrétiens, tenait pour acquis que Dieu dote l'homme de certains droits inaliénables, dont ceux à la vie, à la liberté et à la propriété. C'est une idée bien gentille et douillette, mais tant que l'existence de Dieu sera à prouver, le sera également l'existence de ces fameux droits qu'il nous aurait offerts.

Pourquoi se chipoter pour savoir quels droits existent aux dépens de tout autre lorsque, en réalité, tous les droits sont inexistants?

Au-delà des arguments théologiques bancals, il n'est pas difficile de démonter la prétention que l'Homme dispose naturellement de droits. On n'a qu'à observer le monde autour de nous pour conclure que les droits naturels de l'homme, c'est une conte de fée des plus loufoques. Le légendaire humoriste américain, George Carlin, a vulgarisé ce triste constat avec brio dans son ultime one-man-show avant sa mort. Il posa aux spectateurs quelques questions très simples : si Dieu nous a donné nos droits fondamentaux, pourquoi n'a-t-il pas donné les mêmes droits à tout le monde? Pourquoi aux États-Unis a-t-on 10 droits fondamentaux, alors qu'au Royaume-Uni on en a 13? Et qu'en est-il de ceux qui ne jouissent d'aucun droit du tout? La disparité entre les droits que possèdent certains peuples et ceux que possèdent d'autres (ou pas) laisse planer un énorme doute quant à l'existence des droits naturels. Si ça existait, ça existerait pour tous et on n'aurait pas à se poser de questions.

Or, les amis, les droits individuels comme collectifs n'existent tout simplement pas. Ce ne sont que des abstractions inventées que certains êtres humains ont décidé de reconnaître à certains autres, et que l'on ne se gêne pas de révoquer ou d'occulter lorsque ça nous arrange. Manifestement, on n'a de droit que ce que la collectivité a la volonté de nous garantir. C'est par la reconnaissance sociale que l'on peut jouir d'un quelconque droit. Faute de cette reconnaissance, il est impossible de faire respecter ses prétendus droits. Ils deviennent tout à fait illusoires.

Que soient respectés certains droits individuels comme celui à la propriété, évidemment, cela ne me dérange pas du tout. Nous savons qu'un tel droit présente certains avantages. Mais ne venez pas me dire qu'il s'agit d'un droit naturel, absolu, immuable et inaliénable. Tout droit est forcément d'origine humaine, relatif, variable dans le temps et dans l'espace, et parfaitement aliénable. On voit cette aliénation tous les jours. N'importe quel juriste vous dira que celui qui se croit titulaire d'un droit mais qui est incapable de le prouver est dans la même situation que celui qui n'a pas de droit du tout.

Alors, ces libertariens qui radotent sans fin au sujet de leurs droits se feraient un service de se demander d'où viennent ces acquis. Viennent-ils d'une constitution? De l'ONU? De Dieu? La prochaine fois qu'un libertarien vous parlera de ses droits, posez-lui la question. On vous dit qu'on a tel ou tel droit? D'accord, mais en vertu de quoi?

Objectivement parlant, il n'y a de droits que ceux reconnus et garantis par la collectivité. Sans l'appui de cette dernière, on peut prétendre avoir tous les droits que l'on veut, mais en vain. Faute de preuve, on parle dans le vide. Autant porter le froc et prêcher la bonne nouvelle. On peut très bien débattre de l'opportunité de donner préséance à certains droits individuels que nous avons nous-mêmes créés, mais de là à affirmer que non seulement ces droits sont-ils absolus et inaliénables, mais qu'ils existent à l'exclusion de toute autre catégorie de droit... c'est ridicule. C'est de l'abracadabra.

Or, c'est cette supposition qui forme le fondement même du libertarianisme, tel qu'il est prêché par environ 99 % de ses apôtres. Et c'est fatal à leur philosophie, car il serait impensable au libertarien d'accepter, pour que ses chéris droits individuels existent, qu'il faille pétitionner cette même collectivité tant méprisée de les lui reconnaître et protéger. C'est pour cela que dans le discours libertarien, on n'entend guère d'arguments destinés à convaincre la collectivité de l'utilité de préférer les droits individuels et de bannir les droits collectifs. On n'entend plutôt que ceux voulant que les droits individuels soient les seuls qui existent de soi, et que les droits collectifs ne seraient que des inventions de l'État. Quelle triste erreur de leur part. Tout droit est l'invention des constituants de l'État.

Pensées supplémentaires

Cela dit, je suis reconnaissant envers le libertarianisme pour certaines raisons que voici :

1. Sa simplicité alléchante incite un certain nombre de jeunes gens à s'intéresser à la politique, des jeunes qui autrement s'en seraient peut-être foutus.

2. Il nous rappelle l'existence de la violence inhérente au système politique. Force est de reconnaître que l'État détient le monopole de la violence légitime, et il s'en sert régulièrement pour arriver à ses fins.

3. Il nous force à nous interroger sur l'opportunité de certains acquis et nous rappelle que la tyrannie de la majorité existe, qu'elle prend parfois une tournure effrayante, et que l'individu doit en être protégé par certaines libertés comme celle de la parole.

Toutefois, je déplore certains de ses défauts, dont :

1. Son dogmatisme quasi religieux. Pour un libertarien, il n'y a qu'une seule règle de reconnaissance : si l'État s'en mêle pour une raison autre que l'application des contrats ou la répression de la criminalité violente, alors c'est mal. C'est du noir ou blanc.

2. Si demain on instaurait le régime libertarien, l'État existerait toujours mais ne servirait que les intérêts des plus forts. On prétend que par la liberté contractuelle, tout est forcément bien. Mais on sait que la liberté contractuelle n'existe qu'illusoirement pour ceux qui n'ont pas de moyens et donc pas de leviers de négociation. La très grande majorité doit se contenter de contrats d'adhésion seulement. Autrement dit, voilà le contrat, acceptez-le tel quel ou cassez-vous. Voilà les conditions de travail. Ou bien vous les acceptez tels quels, ou bien vous crevez de faim. Il n'y a pas de vraie liberté là-dedans.

3. Les économistes libertariens (qu'on appelle parfois autrichiens) ne se servent d'aucune mesure de performance pour justifier leurs prétentions. Ils sont les premiers à avouer que le capitalisme pur qu'ils prônent n'a jamais été pratiqué dans aucun pays. Tout est basé sur une seule supposition théorique : la plus efficace et efficiente des économies est celle qu'on laisse faire, sans aucune intervention. Voilà le fondement, le reste n'est que du commentaire. Simple, non? Avec une théorie comme celle-là, n'importe qui devient économiste amateur et très vite (d'où son attrait). Je ne dis pas que les grands auteurs de l'école autrichienne n'ont rien d'intéressant à dire - loin de là - mais évitons de prendre leurs théories pour de l'argent comptant. Ne craignons pas d'être un peu sceptiques!

5 février 2013

Why Pauline Marois' English is a Non-Issue

This article is inspired by a few things:

1. Patrick Lagacé's typically schoolish article on the subject in today's LaPresse.
2. LaPresse's poll of the day.
3. Several conversations I have had since Marois' accession to the office of Premier. 
4. This photo:

Allow me to say this as plainly as possible: Pauline Marois has no obloigation, legal or moral, to speak English to anyone. Here are a few reasons why:

1. 95% of Quebeckers understand French.

2. Only 4.6 % of the population understands only English.

3. Quebec's sole official language is French.

4. Many leaders of top nations do not speak English. Former French prez Nicolas Sarkozy's English was notoriously atrocious, and look who he's banging. Also, current president François Hollande's English is dubious. Spain's PM doesn't speak English. The jury's still out on Angele Merkel, who one assumes speaks English to some degree, but we seldom actually hear her speak it. In any case, one truth remains universal: basically all leaders of non-Anglophone countries are significantly less elegant in English than in their national language. And Marois does speak English, though inelegantly so. Is that a crime? While today's Francophone youth get plenty of opportunities to learn and practise English on the Internet, watching the latest American series or going on government-funded immersion trips, Marois spent her twenties getting an education back when that was still rare for Francophones (let alone Francophone women), raising children and scraping out a career in Quebec public service. 

5. Almost anyone I've heard criticize Marois' English is either (A) a unilingual Anglophone or (B) one of those bilingual Francophones that considers themselves freakishly intelligent for being able to converse in English (which is actually a much lesser feat in today's world, where it isn't uncommon for youngsters to pick up English while sitting on their asses playing X-box Live). 

6. The Prime Minister of Canada, Stephen Harper, is leader of a country which claims to be bilingual, and his French is not much better than Marois' English. If you don't believe me, why don't you ask him about his fixed erection dates. And how about David Alward's French? He's the Premier of Canada's only bilingual province, New Brunswick. Mastery of both languages actually is a prerequisite for his job. Let's take a look at his French skills... Why is Quebec's premier held to a higher linguistic standard than the leaders of jurisdictions with actual pretentions to bilingualism? (Hint: It's because despite all the  PC bullshit, someone who speaks just French in this country is still seen as an ignoramus while someone who speaks just English is perfectly normal. French is as second-class in Canada today as it always was, unless of course it's accompanied by English.)

7. I think the sovereignty movement has been pretty clear about two things: French being the common and usual language of public communication in Quebec, and rejecting the institutional bilingualism pushed upon the provinces by the Federal government. It's not like she'd be a hypocrite if she refused to give any interviews in English (which she doesn't).*

So why all the fuss? Because there really isn't anything much more substantial to complain about. All the pressing problems which Quebec faces are the very same ones it faced before the PQ took power a few months ago. The criticism of the so-called broken campaign promises are weak at best, since it's pretty hard for Marois' critics to lambast her in good faith for not following through on policies they didn't support in the first place. And even those who did support them know that her government doesn't have a mandate to do whatever it wants, a reality the opposition reminds her of almost daily, especially in the area of sovereignist governance. 

This is the same game of petty politics we all love to hate, whereby one politician must attempt, even pathetically so, to score points wherever possible at the expense of his opponent. But if the best Marois' opponents can come up with is that she doesn't speak English very fluently, what does that say about their priorities? We had a perfectly bilingual Premier for 9 years in Jean Charest, and look where we are now.

I don't think anyone questions that it would be useful for the Premier to master the English language. But that doesn't make it a pre-requisite for the job. And let's face it. Her English is not actually that bad. Not anymore. She's actually giving more effort than I would if I were her.

I invite the CAQ (whose own leader, incidentally, has rather questionable English) and the PLQ (who have no leader at all), as well as QS to concentrate on the real issues. There are plenty of them.

* This interview was recorded 4 years ago. Her English here is not perfect, but perfectly understandable. It has since got even better. Not that it makes a difference to me.

11 septembre 2012

Mieux parler français en 10 étapes !

La langue française est ce véhicule communicationnel qui nous rassemble et nous unit les uns avec les autres, non seulement à l'intérieur de l'espace québécois, mais aussi avec tout un monde francophone qui comprendra près de 500 millions de locuteurs d'ici 2050. Il est donc important d'être de bons gardiens de ce patrimoine et de parler cette langue de son mieux. Voici 10 astuces pour améliorer votre qualité de langue presque instantanément, tant à l'oral qu'à l'écrit.

1. Sachez que « défitinitivement » n'est pas l'équivalent du « definitely » anglais.

2. Sachez que « éventuellement » n'est pas l'équivalent du « eventually » anglais.

3. Sachez que « assumer » n'équivaut pas à « présumer » ou « supposer ». Il en va de même pour le substantif « assomption », qui doit dans ce sens être remplacé par « présomption ».

4. Remplacez « supposé » par « censé ». Ex. On n'est pas supposés censés dépasser la limite de vitesse. Ou pourquoi pas tout simplement : On n'a pas le droit de la dépasser.

5. Maîtrisez la distinction entre « régulier » et « ordinaire ».

6. Habituez-vous aux ouvrages et ressources de référence.
  • Antidote est un outil extraordinaire.
  • Presque n'importe quel dico suffit (Robert, Larousse, le Multi, etc.).
  • La BDL, le GDT et le CNRTL sont vos amis pour la vie !
7. Cessez, pour l'amour du ciel, d'employer les termes « céduler » et « canceller ».

8. N'oubliez pas que le pronom « elles » existe, et pour les êtres et pour les objets.

9. « Donne-moi-le » devrait en fait être « donne-le-moi », et « donne-moi-z-en » est censé être « donne m'en ». À l'oral, ça va encore et ça fait partie du charme du parler québécois. À l'écrit, par contre, il faut faire attention !

10. N'ayez pas peur de soigner votre langage, à bon escient bien sûr, et sachez qu'on n'en est pas moins québécois pour autant. Bien au contraire !

23 juin 2012

Message à l'occasion de la Fête nationale

S'il y a un moment dans l'année où il ne faut pas cacher sa fierté de parler français en Amérique, c'est bien au courant des 30 prochaines heures ! Et non seulement parle-t-on français, mais on enseigne, apprend, accueille, lit, écrit, travaille, gouverne, produit, chante, construit, invente, vend, achète, affiche, crée, prie, diffuse, tourne, s'engueule et s'entiche tout en français. C'est possible, puisqu'on le fait tous les jours et ce jour-ci existe pour nous rappeler qu'il faut continuer à le faire tous les jours. C'est comme ça qu'au fil des six dernières décennies, les Québécois et Québécoises ont su transformer un peuple que l'histoire a failli oublier en une nation moderne, instruite, prospère, ouverte et cosmopolite. Bref, une nation qui est tout sauf provinciale.

Sur ce, je souhaite aux Québécois de souche comme à ceux d'adoption, quelles que soient vos origines, BONNE FÊTE NATIONALE à toutes et à tous !!!

1 juin 2012

La passion de St. Thomas d'Outremont


J’ai fait un saut ce matin en regardant mes courriels. C’est parce que je n’ai pas l’habitude d’en recevoir de Thomas Mulcair, mais voilà que ce dernier m’avait écrit. Enfin, il ne m’a pas écrit à moi spécialement, mais à tous les néo-démocrates, ce qui m’a rappelé une chose que j’aurais voulu oublier : j’ai déjà été membre du NPD. C’est vrai. Bien avant que la vague orange soit même imaginable, j’ai reçu ma carte membre du NPD. Aux élections fédérales de 2008, j’étais un parmi seulement 3 742 électeurs (sur presque 50 000) dans la circonscription de Chicoutimi-Le fjord qui ont voté orange. À cette époque, seul un fou furieux aurait pu croire que le NPD deviendrait d’un coup sec le parti fédéral préféré des Québécois. À l’heure actuelle, tout le monde continue de spéculer sur les raisons pourquoi, mais avec tellement de théories qui circulent (dont certaines encore plus folles que les résultats électoraux eux-mêmes), qui croire?

Puisqu’il semble que tout le monde postule sa propre théorie, j’ai bien droit à la mienne. Je crois que l’électorat québécois souffre d’un malaise depuis très longtemps qui s’appelle le statu quo. Afin de se guérir, il a essayé tous les traitements et lorsque la médecine traditionnelle s’avère impuissante, on se tourne vers les charlatans. Qu’est-ce qui pousse les Québécois vers un changement si extrême? C’est à mon avis le même réflexe qui a poussé 20 % des électeurs français à voter Front National il y a quelques semaines. On a ras le bol de ce merdique statu quo, on veut du changement, on s’en fout lequel! Les Québécois ont des problèmes auxquels il faut faire face. Ils s’estiment accablés de malheurs variés. Ils ont besoin d’un héros pour leur redonner du courage et surtout pour les sortir du trou. Bref, ils veulent que quelqu’un règlent tous leurs problèmes à leur place comme par magie. Bref bref, ils veulent un messie.

Et c’est ainsi qu’on s’apprête à investir tous nos espoirs et rêves en un seul homme : Thomas Mulcair. On attend à ce qu’il descende de la colline parlementaire, tel un Moïse moderne, muni d’une nouvelle alliance entre le peuple québécois et le tout-puissant État fédéral. Il y sera marqué un truc du genre :

« Je suis le Canada, votre pays. Vous n’honorez point d’autre nation que moi.
Vous ne vous séparerez point.
La souveraineté d’autres nations de votre taille et envergure, vous ne la convoiterez point.
Si vous vous tenez à ces paroles, je vous bénirai de péréquation. »

De quoi vouloir se circoncire, n'est-ce pas ?

Ce réflexe messianiste, n’est-ce pas un peu niais ? Les espoirs que d’aucuns semblent investir en ce seul homme qu’est Thomas Mulcair, ne ressemblent-ils pas drôlement à ceux que les Québécois ont déjà investi en les personnes de Maurice Duplessis, de Jean Lesage, de Pierre Trudeau, de René Lévesque et peut-être encore davantage ? Ne cherchons-nous pas un peu notre Obama à nous, c.-à-d. quelqu’un qui est censé venir résoudre tous nos problèmes, une personne à qui faire confiance intégrale ? Ce serait plus facile comme ça, si on pouvait tout simplement élire un sauveur qui comblerait tous nos vides et qui arrondirait nos fins de mois. Mais si nous avons appris une chose du premier mandat de Barack Obama, c’est bien qu’un homme ne saurait tacler seul toute la problématique d‘un pays.

Personnellement, je crois que le salut ne viendra ni du NPD, ni des Conservateurs, ni du Bloc (même si je préfère de loin ce dernier, tant qu’à envoyer une formation politique de gauche à Ottawa pour représenter le Québec…). Le salut viendra enfin quand les Québécois se prendront en main pour dire qu’ils sont seuls responsables de leur réussite, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif. Il ne faut pas investir tous nos rêves et espoirs en un seul homme ou parti politique. Il faut les investir en nous-mêmes. Il faut regagner le sentiment que nous sommes capables de réaliser des merveilles alors même que nos détracteurs nous découragent en disant que nous sommes inaptes. Qui veut peut ! Ça prend de l’audace, mais c’est possible. Nous l'avons déjà prouvé pendant la Révolution tranquille. Tout est possible pour ceux qui sont motivés d’une réelle volonté.

Thomas Mulcair, même avec toutes les forces de son parti et de son pays, échouera comme tous les autres prétendants l’ont fait, car la tâche qu’on lui confie est trop irréaliste. Thomas Mulcair n’est pas le messie. Le messie, c’est toi !

13 décembre 2011

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Un nouveau mouvement voit le jour...

Depuis plus d'un an, j'ai un projet en tête que j'ai mis en veilleuse, en attente de cette journée idéale qui viendrait où j'aurais le temps et les ressources pour lui donner naissance comme il fallait. Mais à la lecture de ce billet de Jérôme Lussier, chroniqueur à Voir.ca, je n'en pouvais plus. J'en ai assez de cette fausse idée que la défense du français et la promotion de la souveraineté sont le domaine des vieux chnoques constipés, xénophobes et anglophobes. C'est archi-faux et ce n'est qu'un bobard propagé par ceux qui doivent se donner une fausse raison de croire qu'il sont plus évolués que les autres, soit qu'il sont des fédéralistes sans meilleurs arguments, soit qu'ils sont lassés du débat et préfèrent s'en mettre au-dessus pour ne plus avoir à réconcilier l'irréconciliable. Assez de conneries ; le moment idéal, c'est tout de suite. Le public doit savoir qu'ouverture d'esprit et multilinguisme ne sont pas antonymes avec francité et souveraineté. Je vous présente donc mon bébé, en gestation depuis plus d'un an : ALFI (anglophones et allophones pour le français et l'indépendance).

ALFI est le futur rassemblement de citoyens dont la langue maternelle n'est pas le français mais qui ont adopté cette langue avec fierté et qui souhaitent voir respecter son statut de langue de communication publique, de travail, d'instruction, de publicité et ainsi de suite. C'est également un rassemblement qui prône un Québec qui prenne sa pleine place sur la scène internationale en tant que pays indépendant, projet collectif de 8 millions de concitoyens, non pour se renfermer dans sa spécificité, mais pour partager celle-ci et l'ouvrir à la collectivité humaine avec cette confiance que seule l'indépendance peut inspirer.

Beaucoup d'entre nous serons issus de l'immigration et, grâce à cette grande chance, nous voyons notre terre d'accueil (le Québec) non juste pour ce qu'elle était autrefois ni pour ce qu'elle est aujourd'hui, mais pour ce qu'elle pourrait être : un eldorado pour ceux qui rêvent d'une vie meilleure en liberté et qui veulent le faire en français. D'ici 2025, notre planète comptera plus de 500 millions de francophones éparpillés sur 5 continents. Nous voulons que le Québec les fasse rêver comme il nous l'avons fait, qu'il soit leur Amérique comme il a été le nôtre.

Nous sommes un rassemblement républicain. Nous ne reprochons pas au Canada anglais sa monarchie qui est un symbole important de son histoire et de son identité. Toutefois, nous avons une vision plus noble et moins anachronique pour la population québécoise, à savoir celle d'une république fondée sur les principes des lumières et agissant au nom du peuple qu'elle incarne et non au nom d'une reine étrangère.

Nous ne sommes ni un parti politique, ni un organisme partisan. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche. Ces débats se font ailleurs et nous nous concentrons sur les deux enjeux mentionnés dans notre intitulé. Il est notre espoir de soulever le fait que la langue française et la souveraineté sont les enjeux de tous et pas du tout une vieille mouvance appartenant aux seuls Québécois dits « de souche ». Nous sommes immigrants comme indigènes, multilingues, cosmopolites, hétéroclites, sophistiqués, ouverts et nous avons hâte de promouvoir les deux idées qui nous tiennent tellement à coeur.

Ceci n'est qu'un début. Les prochaines étapes suivront (ex. édification d'un site spécifique, enregistrement du nom auprès des autorités, etc.). Il fallait qu'enfin j'accouche de cette petite bête. Pour l'instant je suis le seul membre, mais il s'en faut de peu que la liste d'abonnés s'allonge car je sais que les valeurs d'ALFI sont celles d'une multitude d'anglos et d'allos au Québec qui n'avaient pas le cran de l'exprimer en dehors de l'isoloir de scrutin, de peur d'être rejetés par leur communauté. J'espère même en convaincre d'autres qui sont indécis ou bien insatisfaits du statut quo.

À bientôt, j'espère !

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